La fusion de deux groupes
En 1918, Davidson est un membre actif de la section d’histoire naturelle du BC Mountaineering Club et de la Vancouver Arbor Day Association, un groupe voué à la plantation d’arbres dans la ville à des fins esthétiques, sanitaires et environnementales. Davidson convoque alors une réunion conjointe des deux groupes dans la salle de biologie de l’Université de la Colombie-Britannique, sur la rue Laurel, à Vancouver. Il recommande de fusionner les deux organisations en un seul organisme qu’il propose de baptiser « The Vancouver Natural History Society ». Davidson propose le mandat suivant pour la nouvelle société :
- améliorer et disséminer les connaissances dans chaque branche des sciences naturelles
- encourager l’étude de la nature et la célébration de la Journée de l’arbre dans les écoles
- encourager la protection des « plantes et des animaux utiles » qui pourraient bien disparaître bientôt
- établir un musée dans lequel seront présentées la « flore, la faune, la géologie et l’anthropologie de la Colombie-Britannique ».
Les deux groupes approuvent la proposition de fusion de Davidson et la nouvelle organisation bénéficie de l’apport de 70 membres payants. La section d’histoire naturelle du BCMC s’intéresse à l’étude de la nature. La Vancouver Arbor Day Association, quant à elle, est plutôt une organisation politique qui désire modifier le paysage urbain. En faisant participer la Vancouver Arbor Day Association, Davidson ajoute l’activité politique au mandat de la Vancouver Natural History Society. La société n’a pas seulement l’intention de partager des connaissances, elle aspire également à agir sur la société.
Pour effectuer cette fusion, Davidson doit décevoir l’Art, Historical and Scientific Society. En 1905, les membres de cette société ont en effet essayé de créer leur propre section d’histoire naturelle après une tentative d’unification échouée avec la société d’entomologie. Davidson laisse tomber les directeurs de la société en décidant de ne pas donner de spécimens pour leur musée de Vancouver. Plus tard, il insulte la société en qualifiant leur musée de « boutique de vieilleries, un bazar ne servant qu’à la réception des collections dont les donateurs ne savent plus quoi faire ». Le conservateur du musée, William Ferris, demande alors à Davidson et à ses étudiants de donner des spécimens pour améliorer le musée. Ni Davidson, ni ses étudiants ne semblent avoir accusé réception de cette dernière demande.
Naissance d’une nouvelle société d'histoire naturelle
En mettant sur pied la Vancouver Natural History Society (VNHS) le 10 mai 1918, Davidson parvient à intégrer les membres d’un club de montagne et d’un groupe axé sur l’esthétique urbain dans les rangs des naturalistes — un tour de passe-passe étonnant, c’est le moins qu’on puisse dire. Dans son discours inaugural, « Travaux de la Natural History Society liés au développement de la cité », Davidson réprimande ceux qui ne voient dans les naturalistes que de vieux messieurs excentriques qui collectent « des fossiles, des rochers, des insectes et des plantes avant de les entreposer jusqu’à ce que les échantillons deviennent tout miteux et qu’ils sentent le moisi ». Une telle opinion, explique-t-il, est « 25 à 50 ans en retard sur notre époque ». Pensant que la société doit bénéficier à d’autres qu’à ses membres, il ajoute : « elle doit rendre service à la communauté en aidant au développement des établissements d'enseignement. »
Selon Davidson, un naturaliste s’entend maintenant de « quiconque étudie la vie et les divers facteurs qui la touchent ». En prononçant ces mots, Davidson montre qu’il comprend que la botanique du dix-neuvième siècle, qui consistait à nommer et à classer les plantes, a grandi et qu’elle inclut maintenant l’écologie, l’étude des relations. Alors que les botanistes du dix-neuvième siècle passaient la plus grande partie de leur temps à identifier et à nommer les plantes, les écologistes du vingtième siècle commencent à étudier les relations qui existent entre les êtres vivants et leur environnement.
La première excursion sur le terrain de la Vancouver Natural History Society est une sortie botanique au lac Burnaby. D’après les journaux de l’époque, dès sa première année d’activité, la société lance une campagne d’éducation pour mettre fin aux destructions inutiles de plantes. Davidson attribue l’invasion des livrées dans Vancouver à « l’interférence de l’homme dans les affaires de la nature », plus précisément au remplacement des sempervirents, qui ont été coupés par les bûcherons, par des feuillus.
Le groupe se bat cependant plus spécifiquement pour la préservation des forêts et l’adoption d’une politique provinciale axée sur la promotion du reboisement. Davidson fait l’annonce suivante à la société d'histoire naturelle :
Nous espérons pouvoir mettre sur pied dans un proche avenir la Faculté de foresterie. Elle permettra de former les étudiants à la préservation de nos forêts en tant que biens nationaux immuables, de manière à ce que cette province ne perçoive pas les cèdres, les sapins et les épinettes comme l’Est du Canada perçoit le pin blanc, qui a pratiquement été éradiqué.
La Vancouver Natural History Society devient une organisation politique active sous le leadership de John Davidson.
