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Femmes botanistes

Entre 1760 et environ 1830, la botanique est plus ouverte aux femmes que n’importe quelle autre discipline scientifique. En fait, la société considère alors que la botanique est une activité acceptable pour les femmes car, contrairement à la zoologie, elle ne nécessite pas la mise à mort des animaux et la manipulation de leurs cadavres. La botanique est alors considérée non seulement comme un passe-temps respectable, lié à la théologie naturelle, mais aussi comme une discipline s’harmonisant bien au rôle d’éducation qu’assument alors les femmes auprès des enfants. Les femmes botanistes contribuent donc à façonner la vue qu’on se fera plus tard de la nature et l’intérêt de nombreuses femmes pour l’histoire naturelle les amène à devenir des activistes, semblables aux environnementalistes d’aujourd’hui.

La botanique reste ouverte aux femmes tant qu’elle reste une activité privée, non officielle. Dès qu’elle devient une activité publique professionnalisée, la botanique leur devient inaccessible et ne s’adresse plus qu’aux hommes. Lorsque ce virage survient, de nombreux botanistes hommes collectent des plantes en compagnie de leur femme. Comme dans de nombreuses autres disciplines scientifiques, les femmes vont alors devenir les « techniciennes invisibles » de la communauté botanique. Elles contribuent aux travaux scientifiques mais leur mérite n’est jamais reconnu. Les sœurs Susannah Moodie (1803-1885) et Catherine Parr Traill (1802–1899), qui racontèrent leur vie dans le milieu sauvage de l’Ontario, accèdent à la renommée en tant que botanistes, mais la majorité des femmes botanistes de cette époque restent ignorées.

La Colombie-Britannique fut colonisée tardivement comparativement à d’autres parties de l’Amérique du Nord britannique. Lorsque les immigrants européens arrivent dans la province, ils portent en eux leur intérêt pour l’histoire naturelle.

Dans les années 1800, certains clubs de la Colombie-Britannique excluent les femmes. D’après les journaux de l’époque, la Vancouver Art Association a échoué parce qu’elle a empêché les femmes de se joindre à elle. À Victoria, la Natural History Society of British Columbia est elle aussi presque exclusivement composée d’hommes à ses débuts. En 1900, le club modifie sa constitution pour permettre aux femmes de devenir membres, mais une branche associée séparée est créée pour les accueillir. Les femmes payent donc les mêmes droits d’entrée et les mêmes redevances que les hommes mais elles ne peuvent pas exercer de responsabilités au sein du club. En 1909, celui-ci abolit complètement toutes les discriminations basées sur le sexe. Lorsque la Vancouver Natural History Society (VNHS) est mise sur pied en 1918, aucune discrimination basée sur le sexe n’est invoquée.

Les photos de la collection de Davidson montrent que les femmes jouèrent un rôle de premier plan lors des sorties sur le terrain des clubs d’histoire naturelle en Écosse, ainsi qu’au sein du British Columbia Mountaineering Club (BCMC) et de la Vancouver Natural History Society.

Peu après l’arrivée de Davidson en Colombie-Britannique, Mlle Mary Jane Gruchy devient son assistante pour la confection de l’Herbier. La jeune femme est arrivée un an plus tôt avec sa famille à Vancouver, en provenance de D’Escousse, dans l’île du Cap-Breton. Gruchy doit s’occuper de la sténographie ainsi que du pressage et du montage des plantes destinées aux études.

Pendant la dépression, l’Herbier et le Jardin botanique souffrent énormément du manque d’argent. L’Université de la Colombie-Britannique met à pied de nombreux employés mais le directeur du département, Dr Andrew H. Hutchinson, fait de Gruchy la seule secrétaire du département de manière à la garder employée. À l’époque, elle doit également aider aux activités liées à l’Herbier. Dr V.C. Brink se souvient que Gruchy n’était pas une secrétaire très efficace.

Tout comme Davidson, Gruchy est très liée au B.C. Mountaineering Club. Elle a aussi été déjà publiée en tant que poète.

Scagel parle de Davidson
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Gruchy, qui ne s’est jamais mariée, demeure l’assistante de Davidson à l’Université de la Colombie-Britannique jusqu’au départ à la retraite de celui-ci en 1948. Elle reste elle-même au sein du département de Botanique de l’Université jusqu’à son départ à la retraite en 1957. Elle aura travaillé 45 ans dans une discipline qui fut jadis largement dominée par les hommes. Elle peut se vanter d’avoir manipulé quelque 20 000 des 50 000 spécimens de l’Herbier. Malheureusement, Gruchy ne laisse pas derrière elle beaucoup de notes. C’est dommage, car son point de vue aurait apporté un éclairage nouveau sur certaines déclarations de Davidson.

Selon le rapport de 1913, le Bureau botanique de Davidson correspond avec quelques femmes qui rédigent des lettres et envoient des spécimens. Parmi les plus enthousiastes se trouvent une certaine Mlle A.S. MacKenzie, de Mission, et Mme S. Stoker, de Duncan.

Une autre femme, Mme Julia Wilmotte Henshaw (née Julia Wilmotte Henderson), contribua grandement à l’avancée de la botanique en Colombie-Britannique. Née en 1869 et fille d’un avide naturaliste de Durham, en Angleterre, la jeune femme étudie en France et en Allemagne avant d’émigrer à Vancouver en 1887 (ou en 1891). Henshaw est reconnue pour avoir publié une description scientifique du cypripède acaule (Cypripedium acaule). Elle publiera trois livres sur les fleurs sauvages :

  • Mountain Wildflowers of Canada: A Simple and Popular Guide to the Names and Descriptions of the Flowers that Bloom Above the Clouds (Toronto: William Briggs, 1906)
  • Mountain Wildflowers of America (1906)
  • Wild Flowers of North American Mountains (New York, 1917)

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Davantage de lecture

David Brownstein (2006). Sunday Walks and Seed Traps: The Many Natural Histories of British Columbia Forest Conservation, 1890–1925, unpublished PhD Thesis, Institute for Resources, Environment and Sustainability, University of British Columbia, Vancouver.

Ann B. Shteir (1997). “Gender and ‘Modern’ Botany in Victorian England” in Osiris, vol 12, pp 29-38.

Ann B. Shteir (1996). Cultivating Women, Cultivating Science: Flora's Daughters and Botany in England, 1760 to 1860, Johns Hopkins University Press, Baltimore.

Barbara T. Gates (1998). Kindred Nature: Victorian and Edwardian Women Embrace the Living World, The University of Chicago Press, Chicago.