Des problèmes à l’horizon
Entre 1929 et 1941, Davidson et son personnel préparent l’Arboretum pour les essences natives, un travail qui allait plus tard s’avérer inutile. La Dépression s’accompagne en effet d’énormes coupures dans le budget de l’Université, ce qui entraîne la mise à pied de la plupart des membres du personnel et d’un grand nombre de professeurs. Pour faire avancer un tant soit peu les travaux sur l’Herbier, Hutchinson embauche Gruchy comme secrétaire, bien qu’elle ne soit pas performante à ce poste.
Les années 1930 sont difficiles pour l’Herbier et le Jardin botanique (PDF), dont l’évolution au sein de l’Université de la Colombie-Britannique diffère radicalement de celle des autres jardins botaniques en Amérique du Nord, qui restent indépendants des universités. Le Jardin botanique de Montréal, par exemple, doit son existence à la Dépression puisqu’il est créé en 1931, dans le cadre de l’un de ces projets parrainés par le gouvernement et censés créer des emplois. L’Arboretum Strybing et le Jardin botanique de San Francisco bénéficient également des investissements faits par les gouvernements durant la Dépression.
Le Bureau des gouverneurs de l’Université de la Colombie-Britannique n’a jamais délimité l’espace réservé au Jardin et à l’Arboretum, si bien qu’en 1941, le président Klinck recommande de consulter dorénavant le plan dressé par A.H. Holland avant de prendre toute décision. Les divers bureaux et départements présents sur le campus utilisent malheureusement tous des cartes et des plans différents dans le cadre de leurs travaux et les divers participants ne parviendront jamais à s’entendre sur les limites à respecter.
L’année suivante, le Bureau des gouverneurs de l’Université de la Colombie-Britannique approuve la demande de Davidson d’ajouter de manière officielle 2,23 acres (un peu moins d’un hectare) aux jardins botaniques et à l’Arboretum. Le Bureau note cependant que :
s’il s’avère nécessaire, à une date ultérieure, d’utiliser une partie de ce terrain pour édifier un musée, comme l’ont recommandé les architectes de l’Université, certains de ces arbres devront être coupés mais la majorité d’entre eux pourraient être conservés à des fins pédagogiques.
C’est avec ce soutien plutôt tiède que Davidson améliore l’Arboretum. Au même moment, il doit cependant aussi faire face à plusieurs problèmes de ressources humaines et d’entretien qui lui prennent beaucoup de temps. Lorsqu’il prend sa retraite, en 1948, en tant que professeur agrégé, Davidson, qui a alors 70 ans, laisse à son remplaçant, Thomas (Tommy) Mayne C. Taylor (1904–1983), un herbier et un petit jardin botanique qui ont beaucoup souffert du manque d’entretien.

