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Les débuts du Jardin à l’Université de la Colombie-Britannique

Brink parle de Davidson
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En 1916, la fermeture controversée du Bureau botanique à Essondale entraîne le transfert des nombreux spécimens du jardin. Au mois de mai de la même année, John Davidson, Mary Jane Gruchy, I. Van der Bom et James A. Wattie transfèrent des milliers de plantes et de buissons sur la partie baptisée Point Grey du campus de l’Université. C’est un travail colossal qui nécessite un voyage en camion de 40 kilomètres (25 milles) jusqu’à l’Université de la Colombie-Britannique, à une époque où les routes ne sont pas très bonnes. Les arbres de l’arboretum d’Essondale étant déjà trop grands, ils sont laissés en place. Ces arbres sont aujourd’hui toujours debout, là où Davidson les avaient plantés.

Plan du jardin botanique en 1915

Le West Mall devient alors l’emplacement du nouveau jardin botanique de Davidson. À l’époque, le campus ne comprend qu’un édifice permanent et deux temporaires. Les cours sont donnés à 12 km (7,5 milles) de là, à Fairview, à l’emplacement de l’actuel Hôpital général de Vancouver. Installé dans son nouveau bureau à Fairview, Davidson, le « démonstrateur chargé de l’Herbier et du Jardin botanique », commence à planifier l’aménagement du second jardin et du nouvel arboretum sur le tout nouveau campus.

Les architectes de l’Université placent les cinq hectares du futur jardin botanique de l’Université de la Colombie-Britannique entre deux routes (PDF, 112 Ko). Ces routes n’existent pas encore mais elles figurent sur les plans d’aménagement. Des travailleurs effectuent alors les travaux de drainage, de nivellement et d’adduction d’eau pour le jardin.

Pour transformer la zone déboisée de Point Grey en campus universitaire agrémenté d’un jardin botanique, il faut éliminer les repousses d’arbre et les rochers, faire sauter les souches et cultiver une série de plantes qui sont ensuite remélangées au sol à la charrue pour constituer une couche d’humus fertile. Ce défrichage, indispensable pour la culture des plantes, rend également la terre propice à la construction.

Alors qu’il crée cet espace botanique, Davidson rencontre néanmoins plusieurs obstacles. Des corneilles lui volent ses feuilles de pointage et il éprouve des difficultés avec ses jardiniers, d’anciens horticulteurs qui ne s’intéressent qu’aux « plantes tape-à-l’œil ». Armés de leur binette, les jardiniers arrachent ou détruisent en effet souvent, sans le savoir, les spécimens botaniques qui ne paient pas de mine.

Andrew H. Hutchinson, le nouveau directeur du département de Botanique, devient également le patron de Davidson en 1917. Dans les quelques années qui suivent, Davidson et son personnel finissent de convertir la forêt secondaire broussailleuse en un jardin botanique bien organisé.

Davidson crée un arboretum contenant tous les genres et la plupart des essences d’arbres et d’arbustes de la Colombie-Britannique. Il crée également des pelouses, des parterres herbacés, des bordures composées de plantes indigènes, et bien d’autres ouvrages.

Dans son « jardin indigène », Davidson aménage cinquante parcelles de manière systématique, conformément à Genera Siphonogamarum, de Torre et Harms. Chaque parcelle peut elle-même accueillir cinquante espèces. Il étiquette chaque plante en inscrivant à la fois son nom vernaculaire et son nom scientifique. Pour Davidson, ses travaux de plantation lui « révèlent la richesse de la flore indigène ». Selon lui, « une promenade de quelques heures permet d’en voir plus que lors d’une expédition d’une semaine à travers la province ».

Davidson aménage également divers jardins à thème. Le jardin exotique abrite des plantes non indigènes, tandis que le jardin médicinal permet aux étudiants en pharmacie de se familiariser avec le parfum des plantes utilisées pour la confection des huiles essentielles et d’identifier les plantes médicinales. Le jardin aquatique, un étang au fond argileux entouré de murs en ciment, abrite des plantes hydrophytes (qui aiment l’eau). Le premier jardin de l’Université de la Colombie-Britannique abrite ainsi quelque 1100 espèces.

Au sud du Jardin (à l’emplacement prévu pour l’une des deux routes), le département d’Horticulture cultive des bulbes. Au nord du jardin, Davidson crée une pépinière forestière. La plantation des arbres commémoratifs à l’occasion de la cérémonie annuelle de remise des diplômes a lieu ici « en espérant que les arbres seront bien établis lorsque les routes et les boulevards surgiront », écrit Davidson dans une lettre envoyée à Hutchinson.