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Davidson fait appel à la religion et à la morale pour rallier le soutien du public

Davidson était très religieux. Il était convaincu qu’une personne pouvait approfondir sa foi en Dieu de deux façons : soit en lisant la Bible, soit en observant la nature. Davidson veut que le public comprenne que les lois naturelles édictées par Dieu gouvernent la vie de chaque être humain comme celle de tous les êtres vivants. Il déclare ainsi que plus tôt « nous reconnaîtrons [ces lois] pour ce qu’elles sont, mieux ça sera pour tous les êtres concernés ». Cette façon de penser reflète une théologie naturelle centenaire qu’on ne retrouve pas forcément dans la plupart des écrits naturalistes canadiens en 1924. La combinaison de l’observation sur le terrain et de la moralité stricte qui découlait de ses croyances est à la base de la théâtralité dont Davidson use pour rallier les autres à sa vision du monde.

Le message du président que délivre Davidson, qui ressemble plus à un sermon qu’à un discours, commence par une narration de l’épisode biblique dans lequel le roi des Chaldéens (la Chaldée est ce qu’on appelle aujourd’hui l’Irak) irrite Dieu en défiant ses règles divines. L’histoire veut que la colère de Dieu se manifeste par des mots écrits sur un mur. Davidson implore les Vancouverois de faire attention aux signes qui ne trompent pas, avant qu’ils ne soient eux aussi jugés et reconnus coupables de mener des vies immorales qui nuisent à l’environnement.

Davidson décrit des exemples bibliques, historiques et locaux de changements climatiques découlant de la destruction des forêts et rappelle à son auditoire la prédiction qu’il fit, dix ans auparavant, dans son article de journal, la journée de l'arbre, à propos de l’érosion du torrent Mosquito Creek. Il décrit les effets des coupes forestières sur la crête d’Hollyburn et dans la vallée de la rivière Capilano (au nord de Vancouver) et diabolise les « exploitants [des États-Unis] avides d’argent, qui s’approprient tout ». Ces exploitants, explique-t-il, sont partis dans le Nord pour exploiter « l’ignorance et le manque d’expérience » des Canadiens et pour détruire les forêts canadiennes de la même façon qu’ils ont endommagé les leurs.