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Une voix s’élève contre les pratiques de l’industrie forestière

Davidson fait observer à son auditoire que les feux suivent presque immanquablement les coupes forestières et qu’ils s’étendent habituellement aux forêts environnantes. Il suggère, pour y remédier, d’interdire les coupes forestières dans les bassins hydrographiques et demande aux bûcherons de lever des fonds pour que le ministère des Forêts puisse « former des hommes à l’entretien et à la conservation de nos forêts, et ainsi compenser les générations à venir pour la dévastation dont ils se rendent aujourd’hui responsables ».

Davidson accompagne un ingénieur de la Ville et d’autres représentants municipaux lors d’une sortie en voiture dans le bassin hydrographique de la rivière Capilano. Les représentants écoutent Davidson et conviennent avec lui que les coupes forestières devraient être interdites dans le bassin. Les activités de bûcheronnage sont cependant gérées par la Province et ils ne peuvent légiférer en la matière.

Le ministre des Terres, T.D. Pattullo, écrit alors au rédacteur en chef du journal The Province. Il prétend que les zones exploitées ne s’érodent pas autant que l’a décrit Davidson et que le couvert végétal sera suffisamment reconstitué dans cinq à dix ans pour protéger le bassin hydrographique. Pattullo déclare également que les coupes forestières n’entraînent pas de déforestation notable puisque « dans presque tous les cas, une repousse naturelle suit les coupes et l’élimination du bois lorsque les incendies sont évités ». Patullo explique que la seule valeur des forêts « réside dans la satisfaction de nos besoins et l’ajout à nos loisirs » mais que l’opinion de Davidson étant « susceptible d’influencer l’opinion publique », la question allait être analysée en profondeur. À la même époque, il écrit que « le public ne doit pas être induit en erreur par les déclarations attribuées à Dr Davidson ».

En réponse à une demande d’aide envoyée par la Vancouver Natural History Society pour résoudre cette controverse, le chef forestier P.Z. Caverhill déclare que si la Société souhaite connaître la vérité concernant la conservation des forêts et partager les informations pertinentes avec le public, il est prêt à apporter son aide. Après avoir lu le pamphlet de Davidson, il change cependant d’avis et déclare :

de si nombreux énoncés qui révèlent soit un manque de connaissances sur le sujet, soit une volonté de semer la discorde et de disséminer des idées fausses à des fins non avouées, que je ne vois pas en quoi ces déclarations peuvent faire avancer le débat sur la conservation dans cette province. Il s’agit d’un type de propagande pour lequel je n’ai aucune sympathie. Je pense qu’une telle propagande n’est pas motivée par de bons objectifs et je ne souhaite pas y être associé.

De nombreux rédacteurs en chef de Vancouver apportent cependant leur soutien à Davidson. Le Vancouver Star décrit ainsi les forêts de la Colombie-Britannique comme une ressource d’une « valeur inestimable » qui doit être exploitée de manière intelligente. L’article mentionne que toutes les activités industrielles doivent prévoir des plans pour la protection et la croissance des forêts. Les rédacteurs en chef estiment que puisque le grand public ne possède pas les connaissances suffisantes et que ses « spécialistes » sont « aussi perdus qu’en désaccord », rien ne doit être fait tant qu’une entente n’est pas obtenue. Le numéro du dimanche du Sun va même jusqu’à demander qu’une « vigoureuse politique de reboisement » soit présentée à la prochaine séance du Parlement à Victoria. Selon eux, l’immense ressource forestière de la Colombie-Britannique est condamnée à disparaître, tout comme a disparu celle des provinces de l’Est, si une telle politique n’est pas mise sur pied.