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La lettre de William McGhee

William McGhee fut un étudiant de John Davidson entre 1941 et 1947, mais il interrompit ses études pour servir sous les drapeaux après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Lisez la lettre qu’envoya McGhee à sa petite-fille Lindsay McGhee, dans laquelle il évoque les souvenirs qu’il garde de John Davidson et d’Andrew Hutchinson. C’est Lindsay qui s’est chargée de la conception graphique du site Web consacré à « Botany John ».

Ma chère Lindsay,

J’ai rencontré Dr Davidson lorsque j’ai commencé à suivre ses cours de botanique à l’automne 1941, en compagnie de six autres étudiants. Je terminais alors mon baccalauréat ès arts qui m’était nécessaire pour entamer la 5e année de mon BSF. Je ne me souviens pas bien des cours de Dr Davidson avant la guerre mais je peux te décrire en détail mon expérience en la matière après la guerre. En toute honnêteté, je ne me souviens pas d’un seul cours qui aurait pu être qualifié de « normal » parmi tous ceux qu’il donna. Je me souviens par contre qu’il s’est étonné de mon aptitude à dessiner des éléments microscopiques de végétaux et de leurs maladies. Non, je n’étais pas membre de la Natural History Society et je ne me rappelle d’aucune sortie sur le terrain au-delà des jardins botaniques.

Lorsque j’ai su ce que je voulais faire, je me suis fixé comme objectif d’obtenir un BA puis un BSF à l’Université de la Colombie-Britannique afin d’obtenir un emploi dans la foresterie et d’acquérir le titre de forestier professionnel de la Colombie-Britannique. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, j’ai décidé que je terminerais mon BA avant de m’engager dans la Marine. L’attaque de Pearl Harbour et la coupure générale d’électricité à Vancouver le 7 décembre 1941 m’ont cependant fait changer d’avis et je me suis joint à la Marine sans plus tarder.

J’ai été libéré en novembre 1945 et suis retourné à l’Université de la Colombie-Britannique en janvier 1946 pour tenter d’obtenir mon BA à temps afin de pouvoir débuter la dernière année de mon BSF en septembre de la même année. Le problème était de savoir comment terminer les cours dont j’avais besoin pour obtenir mon BA avant septembre alors que j’en avais déjà manqués une bonne partie. Un de ces cours, donné à l’automne par Dr Davidson, comptait pour 1,5 unité tandis qu’un autre portant sur la chimie organique s’étalait sur toute l’année. Je serai à jamais reconnaissant envers Dr Hutchinson et Dr Davidson pour avoir fait en sorte que je puisse terminer mon année. Dr Davidson me fournit un dossier rassemblant toutes les notes du cours d’automne que j’avais manqué, m’assigna les travaux de laboratoire aussi vite que je pouvais les mener à bien et m’offrit une salle de travail. Il me rencontrait de plus dans l’arboretum, environ une fois par semaine, pour répondre à mes questions, m’offrant ainsi de véritables cours particuliers.

À cet égard, Dr Davidson reçut le plein soutien de Dr Hutchinson (directeur du Département), qui m’autorisa à substituer un cours sur les sols et les engrais au cours de chimie organique, le premier devant être selon moi plus utile à un forestier. Si j’avais eu à passer un examen en chimie organique, je crois que j’y serais encore.

Pour terminer mon année, j’ai dû suivre deux mois de cours de printemps et d’été qui me valurent 1,5 unité chacun. Je devais obtenir trois unités par session pour que mes frais d’inscription soient remboursés par le ministère des Anciens combattants. Dr Davidson poussa même son soutien jusqu’à m’embaucher comme assistant de laboratoire en botanique durant ces sessions.

Porté par ce solide soutien, je parvins à terminer mon BSF, devins un forestier agréé de la Colombie-Britannique en 1951 puis chef forestier pour une grande compagnie forestière.

Le seul souvenir distinct que je garde du jardin botanique est ma première rencontre avec cet arbre nommé Gingko.

Bien affectueusement, ton grand-père.