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Herbier provincial de la flore indigène

Quand ce Bureau a été créé en 1911, il n’y avait pas de département officiel en Colombie-Britannique qui puisse fournir des données sur la flore indigène. On ne pouvait trouver un herbier représentatif de la flore de la Province qu’à Washington, DC, et la meilleure collection de plantes de la Colombie-Britannique était à Ottawa.

Une splendide collection avait été rassemblée pour le ministère de l’Agriculture, à l’Édifice du Parlement à Victoria, par M. James R. Anderson qui avait été sous-ministre de l’Agriculture pendant plusieurs années et qui avait quitté son poste quelques années avant la fondation du Bureau botanique. Cette collection aurait pu former un très beau fond pour un Herbier provincial; les spécimens étaient bien conservés, soigneusement montés et, avec quelques exceptions, correctement identifiés. Toutefois, on avait constaté que les familles et les groupes de plantes étaient classés par ordre alphabétique plutôt que selon l’un des systèmes de classification courants. On trouvait donc associés des groupes comme Algae, Araceae et Araliacee, ou encore Labiatae, Leguminosae et Lichens.

Aucun cours universitaire de botanique n’était offert dans la Province, seul un cours élémentaire étant prescrit aux élèves du secondaire. En outre, dans l’espoir de la fondation d’un département de Botanique à l’Université de la Colombie-Britannique, il avait été jugé sage d’effectuer des travaux préliminaires pour faciliter l’enseignement de cette discipline une fois que ce département serait organisé. Il avait donc été décidé que le travail de ce bureau serait consacré en partie à la création d’un Herbier provincial représentatif, qui fournirait des spécimens des divers groupes de plantes indigènes pour former une collection universitaire. Ce faisant, des spécimens convenant au Musée de botanique seraient récoltés et préparés en vue d’un usage futur.

Au cours de cette année (1911), les efforts ont porté sur la formation d’une collection locale et des spécimens de diverses régions de la ville ainsi que des banlieues ont été recueillis. Depuis, en raison de l’expansion rapide de la ville, du drainage et du déboisement des terrains périphériques, bon nombre des plantes ramassées pendant la première année sont devenues presque, sinon complètement, disparues au sein des limites de la ville. Les notes et les observations enregistrées cette année-là présenteront donc un intérêt considérable à l’avenir, pour des comparaisons avec la flore future.

Au cours de la deuxième année (1912), des collections ont été assemblées en provenance des districts suivants, tous adjacents à Vancouver : Point Grey, Lynn Valley, Districts de Coquitlam et Surrey, Caulfields, île Lulu, Moodyville, mont Black, mont Grouse, région du mont Garibadi (inexplorée auparavant), île Savary et Victoria.

En plus des collections locales, des spécimens nous sont parvenus de plusieurs endroits de la Province grâce à l’aide d’un certain nombre de correspondants bénévoles. Des spécimens nous ont ainsi été envoyés de Victoria, de Shawnigan Lake, de l’île Mayne, d’Ucluelet, de Nanaimo, de l’île Anvil, de Pender Harbour, de l’île Graham, du mont White, du mont Brunswick, de Chilliwack, des districts d’Elgin, du lac Choelquoit, de Spences Bridge, d’Ashcroft, de Fort George, du district de Peace River, du district de la rivière Thompson, de Kelowna, et de Trail, C.-B.

L’année dernière (1913), des ramassages de spécimens ont été faits dans le district situé entre Colebrook et White Rock, ainsi que dans les banlieues de Victoria, incluant le district de Goldstream.

Du 14 au 23 juillet, une visite a été organisée dans plusieurs endroits de la zone aride (« Dry Belt »), notamment dans les districts autour de Spences Bridge, Kamloops, Sicamous, Armstrong, Vernon et Penticton, avec pour résultat un ramassage important de spécimens pour l’Herbier et le Jardin botanique. De nombreuses photos ont alors été prises, illustrant les conditions de vie de la flore ainsi que la végétation typique de la région traversée.

Du 26 juillet au 10 août, une visite a été faite dans la région du mont Garibaldi, afin d’effectuer le ramassage d’autres plantes pour l’Herbier et le Jardin botanique. Plusieurs photos ont été prises pour illustrer la flore alpestre.

Au cours de cette année, les correspondants nous ont envoyé des collections provenant de l’île Savary, d’Ucluelet, d’Alberni, de Duncan, de la baie Sushartie, de Victoria, de Gibsons Heights, de l’île Gambier, de Mission City, de Spences Bridge, d’Armstrong, de Vernon, de Summerland, de Rossland, de Golden, des montagnes Rocheuses, du lac Babine, du district du lac Stuart et de la région nord-est de la Province (inexplorée auparavant).

Nous avons ainsi reçu soixante-quatre collections des correspondants, contre cinquante et une l’année précédente.

Nous prévoyons que l’Herbier provincial sera éventuellement présenté dans des cases d’entreposage en acier. Entre-temps, vu la nécessité de se les procurer dans l’est du pays et vu la longueur des délais de livraison à Vancouver, nous avons jugé nécessaire de faire fabriquer un ensemble de cases temporaires pour y placer les milliers de spécimens accumulés.

Un nouveau modèle de cases d’herbier a été conçu, qui peut être recommandé pour sa simplicité, son prix abordable, sa commodité et surtout pour sa capacité à protéger au mieux les spécimens de la poussière.

Le Botaniste provincial a préparé les croquis et les spécifications, puis les a envoyés à une entreprise locale qui a fabriqué les cases en sapin bien séché. Les cases comprennent des rangées de douze compartiments, chacun mesurant 19 x 13 x 4 1/2 pouces. Dans chaque compartiment, il y a un tiroir – Fig. 2 (a) – avec des enveloppes pour chacun des genres de plantes et leur contenu.

On remarquera sur la photo (b) que chaque compartiment est autonome, si bien que quand on ouvre un tiroir il n’y a pas d’effet d’entraînement sur les autres compartiments. Une petite poignée (c) en laiton dépasse du devant du tiroir, et quand on le referme, le couvercle (d) se clôt derrière la poignée, puis se ferme hermétiquement. Pour voir un spécimen dans n’importe quel compartiment, il suffit donc de tirer sur la poignée appropriée et le couvercle s’ouvre automatiquement, ce qui permet d’observer sans plus tarder le spécimen. Ce type d’herbier peut être fortement recommandé pour l’entreposage des collections dans les écoles. Il prend peu de place et on peut y ajouter des spécimens au fur et à mesure qu’une collection s’accroît.

Ce système a été adopté par un ou deux collectionneurs privés à cause de son efficacité et de son prix abordable.