Exploration botanique de la Province
Jusqu’à présent, l’exploration botanique de la Province est restée restreinte aux zones desservies par le chemin de fer et aux proximités de divers centres accessibles par la route ou par les services de bateaux sur les lacs. À l’occasion, des collectes ont été effectuées aux environs des grandes voies d’eau comme le fleuve Fraser et Peace River par des explorateurs ou par des membres de brigades de topographes, etc. Les comptes rendus de ces explorations, de même que le travail des correspondants, sont pris en considération pour déterminer quelles régions méritent d’être explorées sur le plan de la botanique.
Le constat est qu’il existe plusieurs vastes régions de la Province pour lesquelles nous n’avons aucune connaissance de la flore; certaines parties de la Province restent inexplorées et n’ont encore jamais été visitées par les Blancs : en fait, quelques lieux n’ont probablement encore jamais été visités par les Indiens.
Par contre, il existe aussi des régions qui ont été visitées par des arpenteurs mais pour lesquelles il n’existe toujours pas de collection. Des comptes rendus sont occasionnellement envoyés des régions de l’Intérieur, décrivant l’extrême beauté et l’abondance des plantes dans des districts fort isolés, mais le plus souvent, les observateurs n’ont pas pu ramener de spécimens étant donné qu’ils devaient alléger au maximum leur bagage. Le terrain d’exploration botanique demeure donc immense.
Dans cet objectif, nous espérons qu’un travail fructueux sera accompli par le personnel de l’Arpenteur général au cours de l’exploration des parties inconnues du pays. De plus, nous tirons parti de chaque possibilité d’obtenir des collections représentatives de certains de ces districts.
Actuellement, le Bureau botanique n’est pas en mesure d’organiser des expéditions régulières pour l’exploration botanique de ces régions. Le transport des provisions dans une contrée si montagneuse et si densément boisée coûterait beaucoup trop cher, mais il est possible de faire quelques exploration occasionnelles à coût raisonnable.
Exploration botanique de la région du mont Garibaldi
La plus importante exploration effectuée par notre Bureau a sans doute été celle que nous avons faite de la région du mont Garibaldi avec le British Columbia Mountaineering Club (BCMC) à l’occasion de son camp d’été en 1912 et 1913.
Cette région se trouve de 40 à 50 milles au nord de Vancouver, et jusqu’à présent elle était restée presque inconnue. Un ou deux alpinistes et quelques chasseurs en avaient parcouru certaines parties, mais les cartes de la Province et du gouvernement du Dominion ne donnaient aucun renseignement officiel sur ce district. Cependant, le mont Garibaldi, d’une altitude de 8 700 pieds, forme un élément de relief bien en vue à partir de l’océan et était donc inclus dans l’un des relevés hydrographiques.
En 1912, le camp s’est tenu à environ huit milles au nord du mont Garibaldi dans une vaste vallée au pied de Black Tusk (7 350 pieds). Le groupe était formé de onze membres du British Columbia Mountaineering Club (BCMC). Le ravitaillement et l’équipement de botanique ont été transporté de Vancouver à Squamish en bateau, ensuite par chevaux de bât sur les vingt milles du sentier de Pemberton jusqu’à Stoney Creek. De là, les membres ont porté les provisions dans la montagne jusqu’au lieu du campement.
Le groupe a ramassé de nombreuses plantes pendant les deux semaines de camp, la flore étant très différente de celle trouvée dans les montagnes autour de Vancouver. Même si la plupart des fleurs printanières avaient déjà commencé à former des fruits, les vallées et les flancs inférieurs de la montagne étaient couverts d’un splendide assortiment de fleurs alpestres d’été.
Le compte rendu suivant provient du rapport du Bureau botanique pour le mois d’août 1913 :
« Le travail le plus important de ce mois a été la continuation de l’exploration et de l’étude botanique de la région montagneuse au nord du mont Garibaldi. Une entente avait été conclue avec le British Columbia Mountaineering Club (BCMC) pour que je puisse poursuivre mes recherches pendant son camp d’été. Le groupe était formé d’environ treize membres, dont neuf anciens étudiants du cours de botanique donné l’hiver précédent. Ces étudiants m’ont assisté dans ma recherche et m’ont ainsi permis d’obtenir des spécimens d’une plus vaste région que celle que j’aurais pu couvrir seul durant les deux semaines.
« Nous sommes partis de Vancouver le 26 juillet dans une grande embarcation, nous sommes arrivés à Squamish et nous nous sommes rendus en voiture jusqu’à la maison Brackendale, où nous avons passé la nuit. Le lendemain matin, nous sommes partis tôt pour une randonnée d’une journée le long du sentier Pemberton. Comme la plupart de nos bagages et de notre équipement avaient été transportés par des chevaux de bât, nous avons pu voyager en portant uniquement un appareil photo, un vasculum pour la récolte des spécimens, un piolet et quelques autres nécessités. Après environ vingt milles, nous nous sommes arrêtés pour la nuit dans un campement temporaire qui se trouvait à environ deux milles au nord de Stoney Creek et à une altitude d’environ 1 400 pieds. (Fig. 10)
« Tôt le matin, nous avons suivi un sentier ‘incendié’ grimpant le long de la pente boisée de la montagne – suivant la crête au nord de Stoney Creek – et environ six heures plus tard, nous sommes arrivés au campement à une altitude d’environ 5 100 pieds, dans les terres alpestres situées à environ 400 pieds au-dessus du lac Garibaldi.
« Notre premier projet (Fig. 12) a été d’aménager en jardin botanique un coin de terrain où nous pourrions transplanter des spécimens provenant des vallées et des pics environnants, pour les transporter ensuite par chevaux de bât à la fin de notre visite. Cette année, nous sommes partis une semaine plus tôt que l’année dernière, mais la végétation avait environ deux semaines de retard sur celle de l’année précédente, si bien que nous avons constaté une différence d’environ trois semaines dans les conditions phrénologiques. Quand nous sommes arrivés, la neige couvrait abondamment les pentes, et les fleurs prédominantes étaient les Claytonia lanceolata, les Erythronium parviflorum, les Anemones occidentalis, les Caltha leptosepala et les Trollius albiflorus. Il était intéressant de voir comment celles-ci fleurissaient à seulement quelques pieds de la neige. (Fig. 13.)
« Mardi 29, nous avons visité la crête Black Tusk et nous sommes revenus en prenant le chemin sur la côte est jusqu’à Mimulus Creek. Dans l’après-midi, nous avons monté la côte ouest de Panorama Ridge et nous avons fait de la botanique sur les hautes pentes à une altitude de 6 000 pieds. Nous avons récolté plusieurs spécimens que nous avons soit plantés dans le jardin temporaire, soit préparés pour l’Herbier.
« Nous avons passé toute la journée du 30 juillet à faire de la botanique sur Panorama Ridge, à une altitude approximative de 6 000 pieds. Les plantes les plus intéressantes que nous avons trouvées sont des Phlox douglasii, des Silene acaulis, des Phacelia sericea, des Erigeron compositus, des Artemisia norvegica var. pacifica, des Juniperus communis, des Sedum divergens et des Pentstemon pulchellus qui poussaient en abondance sur ce mont.
« Le 31 juillet, en raison du mauvais temps, nous avons recueilli des spécimens qui se trouvaient près du campement et nous les avons transplantés dans le jardin temporaire.
Nous avons trouvé des Pedicularis racemosa, des P. bracteosa, des Castilleia miniata, des Erigeron salsuginosus, des Senecio triangularis, des Erythronium parviflorum, des Claytonia lanceolata, des Trollius albiflorus, des Caltha leptosepala, des Mimulus Lewisii, des Mimulus alpina, des Spiroea pectinata, des Anemone occidentalis, etc. Ces plantes formaient la végétation prédominante à cette altitude d’environ 5 000 à 5 500 pieds. Nous avons aussi étudié les spécimens de l’Herbier et nous les avons placés entre des feuilles de papier sèches.
« Le premier août, nous sommes partis toute la journée à explorer la crête au sud de la vallée Helmet. Nous avons commencé notre exploration sur les lieux d’un ancien cratère (Fig. 16), pour ensuite faire de la botanique tout au long du glacier Helmet, et nous avons trouvé d’intéressantes plantes près du sable noir sur le côté est du cratère.
« Nous avons trouvé une végétation beaucoup plus avancée dans la vallée au pied du mont Helmet; les lupins fleurissaient, quelques-uns avaient des gousses presque à demi-formées tandis que d’autres commençaient tout juste à bourgeonner de fleurs. Il est évident que le sol sableux, le bon drainage et l’exposition au soleil favorisaient une floraison précoce. Il faudrait aussi mentionner que le sable noir dans cette région fait au moins de 15 à 20 pieds de profondeur, le ruisseau venu de l’extrémité est du glacier ayant découpé des canaux étroits de cette profondeur. Les seules plantes trouvées directement dans le sable étaient des Epilobium latifolium et un composé (sp. ?) qui avaient – comme pouvait le laisser présager ce milieu – de très profondes racines.
« Plus bas dans la vallée, la végétation comprenait principalement de bas Bryanthus empetriformis, avec des Rhododendron albiflorum et quelques spécimens broussailleux de Albies amabilis.
« En continuant vers l’est, les pentes au sud de la vallée Helmet étaient recouvertes de spécimens broussailleux de Abies amabilis de 20 à 50 pieds de haut; dans le sous-bois, se trouvaient principalement des Rhododendron albiflorum, en pleine floraison à cette époque de l’année.
« La neige abondait au sommet de Helmet Ridge, à environ 6 000 pieds. La végétation était clairsemée; elle était composée principalement d’une mince couche d’herbes et de petits carex qui avaient à peine commencé à pousser.
« Sur le chemin de retour au bas de la vallée, nous n’avons rien noté de grande importance. La végétation était principalement composée d’une dense poussée de Bryanthus empetriformis et de Cassiope Mertensiana, avec ici et là quelques endroits herbeux où poussaient des Lupinus arcticus (Fig. 17), des Veratrum viride, des Carduus edulis et des Potentilla flabellifolia.
« Au commencement de la vallée Helmet, au bas du lac Helmet, la végétation était clairsemée et le sol était couvert de grosses pierres volcaniques poreuses, avec quelques rares plaques de sable volcanique, donnant à cette région une telle apparence que nous avons proposé de la nommer ‘Desolation Valley’. Près du lac Helmet, les Aquilegia formosa et les Ranunculus Eschscholtzii poussaient en abondance.
« Le 2 août, autre journée de pluie, nous nous sommes occupés des spécimens d’herbier et nous avons préparé les presses pour de nouvelles collections.
« Le 3 août, nous avons franchi Panorama Ridge et Corrie Ridge pour aller passer la journée sur Castletowers Ridge. Cette excursion s’est soldée par un remarquable succès puisque nous avons trouvé plusieurs nouvelles plantes dans cette région. Une descente de plus de 1 000 pieds sépare Panorama Ridge et Corrie Ridge, et dans la vallée nous avons trouvé beaucoup de Silene douglasii et de Anemone occidentalis. (Fig. 18)
« Le flanc nord de Corrie Ridge est escarpé, rendant la montée lente à cause des rochers. Même si nous avons bien examiné les crevasses et les saillies, nous n’avons trouvé que très peu de plantes sur la face nord; seulement quelques Bryanthus glanduliflorus (Fig. 19), Silene acaulis et Phacelia sericea ont été observés, mais près du sommet sur la face sud (6 200 pieds), nous avons trouvé plusieurs beaux spécimens de Antennaria rosea et quelques spécimens de Saxifraga nivalis dans quelques endroits où le sol avait réussi à s’accumuler. Les pentes étaient trop escarpées, les conditions météorologiques trop difficiles, pour permettre la croissance de la végétation; de plus les rochers tombant du sommet déplaçaient constamment le sol alors qu’ils roulaient pour aller former un grand éboulis au bas de la crête.
« Après une autre descente de plus de 1 000 pieds, nous avons traversé la vallée pour commencer la montée de Castletowers Ridge. Avec sa pente graduelle, celle-ci présentait plusieurs lieux intéressants à explorer. (Fig. 20.) L’une des premières nouvelles plantes que nous avons trouvées dans cette région était un Loiseleuria procumbens, entouré de Bryanthus glanduliflorus et de B. empetriformis, et d’une variété intermédiaire qu’on croit être un hybride de ces deux dernières plantes. Les Gentiana glauca poussaient en abondance dans un endroit relativement petit, qui ne faisait pas plus de 30 pieds de diamètre, à environ 5 400 pieds d’altitude. Nous n’avons trouvé aucun autre spécimen de cette espèce dans cette région. Un peu plus loin, à une altitude d’environ 5 700 pieds, nous avons découvert de beaux spécimens de Polemonium confertum (Gray) dans des crevasses faisant face au sud-ouest sur les pentes près du glacier Sphinx; nous avons récolté des spécimens de toutes ces espèces pour le jardin.
« La journée du 4 août a été dédiée à la préparation des spécimens ramassés la veille pour l’herbier et à planter les spécimens destinés au jardin botanique. Au cours de la soirée, le professeur E.H. Burwash, de l’Université de Chicago, qui a fait plusieurs observations géologiques pendant son séjour, nous a donné un exposé intéressant à propos des principales distinctions géologiques du district, tout en illustrant ses remarques à l’aide de spécimens qu’il avait récoltés.
« Le 5 août, nous sommes allés explorer le flanc ouest de Black Tusk Ridge, où nous avons trouvé d’autres spécimens de Bryanthus intermedia. Nous avons noté qu’ici, tout comme sur Castletowers Ridge, la forme intermédiaire était toujours associée aux deux autres espèces, B. empetriformis et B. glanduliflorus. Nous avons récolté quelques spécimens pour le jardin.
« Les pentes au sud-ouest étaient couvertes d’une terre qui permet à une grande variété de plantes de pousser, notamment des Aquilegia formosa, des Arnica latifolia (Bong), des Erigeron salsuginosus, des Veronica alpina, des Habenaria leucostachys, des Lilum columbianum et des Lupinus arcticus (Wats.), tandis que les pentes plus ‘herbeuses’ étaient couvertes de Luzula et de Carex, avec très peu de spécimens de Graminaceae.
« Sur les pentes basses, qui sont boisées (Abies), il y a beaucoup de Veratrum viride et quelques étendues de Bryanthus empetriformis; les Abies de cette région sont plus spécifiquement des Abies amabilis (Forbes), en association avec la pruche subalpine (Tsuga Mertensiana) qui ressemble aux premiers en raison de ses cônes violets, bien que les siens soient plus petits et pendants.
« Vers le sommet de la crête, les arbres sont petits et décharnés et on peut y voir de bons exemples des dégâts faits par les animaux – probablement des moutons ou des chèvres de montagne qui broutent les jeunes pousses. Les pousses au bas des arbres s’entrecroisent pour former un taillis impénétrable de plusieurs pieds de diamètre, protégeant ainsi le centre de l’arbre contre les animaux. La partie centrale peut alors pousser bien droit et se développer plus ou moins normalement.
« Il y a très peu de végétation au sommet de la crête; on y trouve principalement des Cassiope Mertensiana, des Bryanthus glanduliflorus et quelques pauvres spécimens de B. empetriformis et de sa variété intermédiaire. De nombreux ruisseaux, trouvant leurs sources dans la fonte des neiges, ont leurs rives couvertes de Mimulus alpinus jaunes, M. Lewisii rouges et Parnassia fimbriata de couleur blanche, et dans les endroit où il y a du gravier, poussent des Epilobium latifolium de couleur rose. Plusieurs autres espèces contribuaient à l’intérêt de l’endroit.
« Un groupe de six personnes, incluant un membre de la section de botanique, est parti le matin pour une exploration de trois jours dans la région à l’ouest du lac Garibaldi, après avoir traversé le lac sur une barge construite la journée précédente. (Fig. 21.)
« Ils ont découvert que la flore ressemblait à celle de la région nord-est, à l’exception de quelques spécimens de Polygonum viviparum trouvés dans les terres alpestres près du mont Table, seul lieu où ils ont été repérés.
« Comme la journée du 6 août était pluvieuse et froide, nous n’avons pas fait d’exploration. Nous avons passé en revue les spécimens de l’herbier et nous avons fait sécher les feuilles mouillées à côté du feu, à l’entrée de notre tente.
« Le 7 août, nous sommes partis explorer les pentes au nord du lac Garibaldi et les versants rocheux près du ruisseau qui le relie au Lesser Garibaldi. En descendant à cet endroit, nous sommes arrivés au lit d’un ruisseau asséché que nous avons suivi jusqu’au lac Stony et de là nous continué jusqu’au lieu-dit The Barrier. (Fig. 22.)
« Pendant ce voyage, nous avons trouvé quelques spécimens à ajouter à notre collection et nous avons pris des notes sur la végétation. Nous avons découvert quelques spécimens de Lonicera utahensis en train de fleurir sur les pentes au nord de Mimulus Creek. Cette plante peut se trouver en abondance, mais il est facile de l’ignorer à cause de sa proche ressemblance au Rhododendron albiflorum surtout lorsqu’elle pousse côte à côte avec lui, dans le même habitat.
« Le rhododendron était très florifère sur une vaste pente située de 200 à 300 pieds au-dessus du lac Garibaldi. Il était bien protégé du nord et complètement exposé au sud. Nous avons aussi trouvé quelques Lilium columbianum et beaucoup de Castilleja miniata au même endroit. Sur les pentes longeant le ruisseau qui se jette dans le lac Lesser Garibaldi, bien exposées à l’ouest, les cyprès jaunes (Chamaecyparis nutkaensis) étaient très nombreux. Sur la rive des lacs Lesser Garibaldi et Stony, poussaient des spécimens de Polygonum minimum et un aster aux grosses fleurs spectaculaires, ainsi qu’un petit crucifère à fleurs jaunes (évidemment un Roripa). Nous avons recueilli des spécimens de ces plantes pour le jardin botanique.
« Au retour, nous avons traversé une région de forêt ouverte qui longeait un plateau alpestre à une altitude approximative de 5 000 pieds. Nous y avons trouvé plusieurs endroits où poussaient des Pedicularis racemosa, souvent associés à une abondance de Veratrum viride.
« Le 8 août, nous avons entamé les préparatifs de retour, et nous avons fait des arrangements pour ranger les spécimens du jardin dans des cases qui seraient transportées durant les 30 premiers milles par des chevaux de bât, puis par bateau, jusqu’à Vancouver. Il y avait environ quatre-vingt espèces de plantes alpestres, qui ont toutes été transplantées depuis à Essondale. Les paquets de spécimens d’herbier ont été attachés et recouverts de feuilles imperméables pour les protéger en cas de pluie.
« Ce soir-là (le 8), j’ai donné une conférence au camp pour résumer les caractéristiques botaniques du district. J’ai illustré la conférence en utilisant des exemples tirés de l’herbier et du « jardin ». Les caractéristiques principales étaient les suivantes : la flore de cette région est composée de plantes pluriannuelles, qui avaient probablement accumulé de la nourriture sous terre pendant quelques années avant de fleurir. La courte durée de la saison – quelques semaines – entre la fonte des neiges et la première neige hivernale, ne permettait pas aux plantes annuelles de bien s’établir.
« Les plantes produisant des fruits comestibles étaient rares; les seuls représentants trouvés étaient les Juniperus, les Empetrum, les Vaccinium et les Lonicera, tous dépendant des oiseaux pour disperser leurs graines. Nous avons trouvé très peu d’oiseaux dans ce lieu, les principaux étant les gélinottes et les lagopèdes.
« Les plantes les plus communes produisaient de petites graines légères, ou étaient dotées d’un pappe ou d’un autre élément permettant la distribution des graines grâce au vent. Voici quelques exemples des premières : Cassiope, Bryanthus, Habenaria, Castilleia, Kalmia, Mimulus, Rhododendron, Pedicularis, Spiraea; et quelques exemples des deuxièmes : Erigeron, Artemisia, Petasites, Anemone, Arnica, Gnaphalium, Salix et Abies.
« Les plantes dans les endroits exposés montraient presque toutes des adaptations xérophytiques; la plupart étaient basses et avaient des racines profondes – Phacelia sericea, Silene acaulis, Polemonium confertum, Empetrum nigrum, Loiseleuria procumbens; quelques-unes avaient un feuillage tomenteux – Phacelia et Gnaphalium; mais la plupart avaient des feuilles de surface réduite – Lycopodium, Silene acaulis, Cassiope, Saxifraga bronchialis, Abies; ou des feuilles révolutées – Juniperus, Bryanthus, Loiseleuria, Kalmia, Empetrum; et quelques-unes avaient des feuilles épaisses pour mieux garder l’eau – Sedum divergens, Saxifraga Tolmiae. Les plantes aux feuilles plus grandes étaient confinées à des habitats plus couverts – Castilleia, Lupinus, Erythronium, Veratrum, Mimulus, Habenaria, Aquilegia, etc.
« Un bon exemple de ce phénomène a été trouvé dans un lieu où il y avait des Veratum viride en abondance, au sein d’une forêt ouverte près du sommet des pentes. Sur le plateau plus exposé, poussaient des plantes peu développées avec des feuilles fendues et arrachées par le vent. Notons aussi que sur les pentes dites ‘herbeuses’, il y avait plus de carex et de joncs que d’herbes.
« Précisons également que dans une grande région d’environ un mille et demi de long et de trois-quarts de mille de large, où les Cassiope formaient la végétation prédominante, souvent interrompue par des bouquets de Abies amabilis, des Bryanthus empetriformus poussaient toujours autour des bouquets, de toute évidence pour profiter de l’eau qui s’écoulait de leurs branches, suggérant ainsi qu’ils ne pouvaient pas aussi bien survivre à la sécheresse que les Cassiope. Bien sur, il y avait d’autres régions où les Bryanthus étouffaient presque les Cassiope.
« Le 9 août, nous sommes partis du camp à 7 h 00 et après une longue et chaude journée de marche, nous sommes arrivés à la maison Cheakamus à 18 h 00. Nous sommes rentrés à Vancouver le 10 août en bateau à partir de Squamish. »
À cause du travail requis par le Département, et des nombreuses collections envoyées par nos correspondants, nous n’avons pas encore eu la chance de nous consacrer au matériel recueilli pendant ce voyage, mais nous allons bientôt faire circuler une liste de tous les spécimens trouvés dans ce district fort intéressant.
Île Savary
Le 2 juillet 1911, j’ai eu la chance d’aller visiter l’île Savary en me joignant à un groupe qui faisait un voyage d’étude. Cette île se trouve à 82,5 milles au nord-ouest de Vancouver, et fait approximativement 4,5 milles de long sur environ un demi-mille de large. La côte est sableuse, sauf à la pointe est de l’île, où elle est rocheuse. J’ai visité cette île une nouvelle fois le 24 mai 1912, en compagnie de plusieurs membres du cours de botanique donné l’hiver précédent.
Les collectes faites au cours de ces deux voyages sont très importantes et offrent un bon aperçu de la richesse de la flore. La flore de la côte sud est bien adaptée aux conditions xérophytiques. À quelques endroits, il y a des dunes où le Carex macrocephala (Fig. 24) retient le sable. Nous avons trouvé des spécimens de Convolvulus soldanella sur les dunes. Ailleurs, les Elymus, apparemment des E. mollis (Trin), poussaient en abondance, surtout sur la rive nord, où ils forment une association avec les Arenaria peploides var. major et les Lathyrus maritimus. (Fig. 25.)
Entre cette zone et les terres plus hautes de l’île, il existe une région sableuse plate plus ou moins couverte d’herbes, parmi lesquelles on trouve beaucoup de Fritillaria lanceloata, Brodiaea grandiflora, B. lactea, Allium cernuum, Allium acuminatum, Lilium columbianum, Smilacina racemosa, Aqueligia formosa, Anemone multifida, Achyls triphylla, Aphyllon uniflorum (sur les racines des Heuchera), Aphyllon fasiculatum (sur les racines des Artemisia), Boschniakia strobilacea (sur les racines de salal), Arceuthobium sp. ? (sur les branches des Pinus contorta).
Parmi les autres plantes intéressantes que nous avons aussi trouvées, figurent les suivantes : Arbutus Menziesii, Berberis nervosa, Berberis aquifolium, Campanula rotundifolia, Castilleia Bradburii, Disporum oreganum, Eriophyllum caespitosum, Grindelia integrifolia var. ?, Lonicera cilosa, Lupinus littoralis, Pyrola rotundifolia var. bracteata, Sanicula Menziesii, Symphoricarpos racemosa, Taxus brevifolia et Vaccinium ovatum.
À plusieurs reprises sur la côte nord-ouest, nous avons trouvé de vastes bancs de sable submergés couverts de Zostera marina, dont des morceaux se détachent et dérivent jusqu’à la côte rocheuse du continent. Dans l’eau plus profonde, il y a des Nereocystis Luetkeana en abondance. (Fig. 26.) (Signalons que cette curieuse algue brune se trouve aussi dans le bras de mer Burrard, à quelques milles à l’est de Vancouver.) Des spécimens de Ulva, Polysiphonia et d’autres algues bien connues ont été trouvées sur le sable.
Exploration botanique de la région du mont Black
Le mont Black, qui se situe à l’extrémité ouest de la chaîne du mont Grouse, culmine à 4 250 pieds. En raison de la dense couverture végétale sur les piémonts et des nombreuses crêtes et vallées qu’il faut traverser, c’est une des montagnes les moins visitées du district. Comme il n’a pas été possible d’obtenir de renseignements sur la flore auprès de ceux qui l’ont visité, une excursion a été organisée pour recueillir des spécimens et étudier les caractéristiques de la région entre North Vancouver et les versants nord du mont Black.
Avec l’aide de Messieurs F. Perry et W. Taylor, tous deux membres de la classe de botanique du Mountaineering Club – et tous deux alpinistes experts – qui se sont offerts pour me guider, m’aider à porter le nécessaire et à ramasser des spécimens, j’ai pu tirer au mieux parti de ma visite dans cette région si peu connue.
Le matin du 11 juillet 1912, nous sommes partis de North Vancouver. Après avoir traversé le canyon de Capilano, nous sommes allés en direction nord-ouest pendant plusieurs milles à travers la brousse et nous avons franchi des crêtes et des montagnes qui étaient boisées jusqu’au sommet. Le premier soir, nous avons installé notre camp près du sommet de Hollyburn Ridge, à une altitude d’environ 3 000 pieds.
Jusqu’alors, on croyait que Hollyburn Ridge faisait partie du mont Black, mais durant notre visite nous avons déterminé que Hollyburn Ridge est séparé du mont Black par une vallée profonde aux pentes raides, au fond de laquelle coule Cypress Creek. Tandis que nous suivions ce ruisseau pour remonter jusqu'à sa source, nous avons dû franchir plusieurs obstacles, notamment des chutes d’eau. (Fig. 27.) Quand nous sommes arrivés à la source, nous avons découvert une étendue de terrains marécageux de quelques hectares – qui, couverte de neige en hiver, avait fait croire que le ruisseau prenait sa source dans un lac. Nous avons fait l’ascension du mont Black à partir des versants nord-est et nous sommes arrivés au sommet à la nuit tombante. Nous avons alors installé notre camp une nouvelle fois.
Le lendemain matin, nous avons passé plusieurs heures à ramasser des spécimens sur les divers pics et aux alentours des petits lacs au sommet. En dépit de nombreux emplacements intéressants sur ce sommet relativement plat, nous n’avons rien trouvé d’important. Nous avons entamé la descente par les versants sud-ouest en direction du lac Eagle. Les pentes étaient comparativement dénuées, ayant été dévastées par des incendies il y a quelques années. Des corniches et des ravines isolées, avec des accumulations de sol, avaient permis à des éléments représentatifs de la flore de prendre racines.
Nous sommes revenus du lac Eagle en traversant les piémonts et nous sommes enfin arrivés à un marécage où poussaient des cèdres, et nous avons trouvé la sortie vers 20 h. Nous avons campé près de Caulfields et le lendemain matin nous avons herborisé le long de la côte entre Caulfields et Hollyburn. Puis nous sommes rentrés à Vancouver par traversier.
Indépendamment de l’imposante collecte que nous avons faite pendant ces quatre jours, la quantité de renseignements obtenus sur la flore de la région et l’abondance relative des diverses espèces ont suffi pour qualifier notre excursion de vraie réussite.
Les plantes les plus intéressantes que nous avons recueillies étaient notamment les suivantes : Menyanthes cristagalli (Nephrophyllidium crista-galli), qui pousse en grand nombre au sommet de Hollyburn Ridge et qui se trouve aussi sur les pentes marécageuses du mont Black, près de Cypress Creek; Coptis asplenifolia, qui abonde à Hollyburn Ridge; Rhododendron albiflorum, fleur blanche prolifique, qui est associée à un beau buisson; et Cladothamnus pyrolaeflorus, qui a des fleurs rouge-bronze. Dans les petits lacs (Fig. 28) qui sont typiques de la région pousse en abondance le Nuphar polysepalam, qui fleurit à profusion. Nous avons trouvé un ou deux bosquets de Pinguicula vulgaris dans les endroits marécageux près de Cypress Creek; c’est une plante relativement rare dans ce district. Sur les pentes raides et rocailleuses des piémonts près du mont Black nous avons découvert un ou deux spécimens de Arctostaphylos tomentosa. Il y avait aussi de nombreux Boschniakia strobilacea entre le mont Black et Caulfields.
Près du sommet du mont Black le Pentstemon Menziesii pousse en abondance. Sur les pentes sud abondent les lis du Columbia (Lilium colombianum) et les Clintonia uniflora. Dans les lieux les plus humides entre le pied du mont Black et le lac Eagle, l’adiante du Canada (Adiantum pedatum) est commun. Pyrola secunda, P. picta, P. Rotundifolia var. bracteata, Chimaphila Menziesii, C. umbellata, et Aquilegia formosa se trouvent couramment sur les piémonts du mont Black, entre le lac Eagle et Eagle Harbour.
Sur les pentes est de Hollyburn Ridge, nous avons trouvé des Moneses uniflora, Monotropa uniflora (monotrope uniflore), Hypopitys multiflora et une profusion de Corallorhiza Mertensiana, plante dont la couleur peut varier considérablement du rouge au presque blanc. Parmi les autres orchidées communes dans cette région, citons les Goodyera Menziesii, Habenaria gracilis, Listera cordata et Listera caurina. Les Listera sont abondants à une altitude d’environ 2 000 pieds, poussant ensemble dans le même habitat. La forme de la feuille et la grandeur des fleurs, ainsi que la robustesse de la croissance, permettent de distinguer aisément le L. cordata et le L. caurina.
Pendant que nous cheminions le long de la côte entre Caulfields et Hollyburn, nous avons trouvé un ou deux spécimens intéressants. En un ou deux lieux qui sont submergés par la mer à marée haute, nous avons trouvé des Glaux maritima et Crantzia lineata en abondance. Cette dernière est une plante ombellifère très particulière, dont les feuilles sont réduites à des pétioles cylindriques creux.
En raison de la formation géologique, de l’exposition au sud et de la protection au nord, la flore du district de Caulfields est particulièrement intéressante. Elle est très différente de celle au sud d’English Bay. Les rochers sont le lieu prédominant de pousse pour de nombreuses petites plantes à fleurs. Ceci est le plus marqué là où les falaises près de la baie Howe s’élèvent une altitude de 80 à 150 pieds. Sur ces rochers, il peut y avoir une couche épaisse de mousses et de Selaginella rupestris. Ici et là sur cette couche, on peut trouver des Collinsia parviflora, Valerianella congesta, Claytonia parvifolia et Mimulus alsinoides. Dans les creux et les fissures de ces rochers poussent de nombreux spécimens d’arbousier d’Amérique (Arbutus Menziesii), dont la plupart deviennent de grands arbres. Mais à cause du substrat rocailleux et de la grande profondeur à laquelle ont dû aller les racines, il est presque impossible de transplanter des spécimens de cet habitat.
Sur certaines des anciennes corniches rocailleuses où l’humidité peut s’accumuler, se trouvent de grandes quantités de sol composé principalement de végétation en décomposition. Sur ce substrat, on peut trouver des mousses diverses et des hypotiques comme les Frullania ou Porella, et parfois des Erythronium grandiflorum var. albiflorum.
Le cornouiller de Nuttall est très courant dans les bois de cette région. Les Physocarpus (Neillia) opulifolius, Ribes sanguineum, Pachystima myrsinites, Micromeria Douglasii et Brodiaea grandiflora abondent également; cette dernière plante est plutôt locale.
Entre les fissures des rochers dénudés, près de l’océan, poussent des spécimens nains de Amelanchier alnifolia, qui est rabougri dans un tel habitat et qui diffère beaucoup des spécimens qui croissent plus au sud, le long de la côte près de White Rock. (Fig. 29) Sur ces rochers dénudés, on trouve aussi couramment des Allium cernuum et une espèce de Grindelia, qui est probablement une forme naine de G. oregana (Gray). Le Calypso bulbosa se trouve parfois sur les piémonts du mont Black, mais c’est une plante relativement rare dans ce lieu. Il faudrait mentionner que cette plante pousse fréquemment à Point Grey. Elle est très commune aux alentours de Crescent et sur l’île de Vancouver.
La flore de la zone aride (Dry Belt area)
Pendant l’été de 1913, nous avons entrepris une excursion à travers la zone aride jusqu’à Penticton, à plus de 450 milles de Vancouver. Nous y avons passé plusieurs jours à recueillir des spécimens près de Spences Bridge, qui se trouve à environ 170 milles à l’est de Vancouver. Nous avons pris des notes détaillant les plantes caractéristiques de ce lieu, où la végétation prédominante est composée de taillis de sauge (Artemisia tridentata, Artemisia rigida) et de Bigelowia dracunuloides. Sur les rives de la rivière Thompson se trouvent des spécimens de Salix longifolia var. argyrophylla (saule de l’intérieur), Juniperus scopulorum, Clematis ligusticifolia, Asclepias speciosa, Euphorbia glyptosperma, Mentzelia laevicaulis, ainsi que plusieurs espèces caractéristiques de la zone aride. Aux endroits les plus secs de la vallée, nous avons trouvé de nombreux Opuntia polyacantha et quelques buissons de Ribes cereum. Sur les replats, qui s’élèvent à plus de 500 pieds des deux côtés de la vallée, des Pinus ponderosa poussent en étendues ouvertes parsemées de bosquets de Balsamorrhiza sagittata et de Calochortus macrocarpus.
En arrivant à Kamloops, à 72 milles à l’est de Spences Bridge, nous avons fait une autre collecte de spécimens. Nous avons notamment remarqué la présence de nombreuses plantes qui avaient été introduites en ce lieu et qui constituent les mauvaises herbes caractéristiques d’une ville en zone aride. Tout le long des voies de chemin de fer, aux bords des routes, dans les terrains abandonnés et dans les dépotoirs, des mauvaises herbes comme le soude kali (Salsola kali tenuifolia), le sisymbre élevé (Sisymbrium altissimum), la grande bardane (Arctium lappa), l’amarante à racine rouge (Amaranthus retroflexus), l’amaranthe blanche (Amaranthus graecizans), la grande molène (Verbascum thapsus), le laiteron (Sonchus arvensis), l’arroche étalée (Atriplex patula), le chénopode blanc (Chenopodium album), le bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris) et autres poussaient à profusion. Cette année-là, Kamloops a certainement été un lieu propice à la pousse de ces herbes exécrables : le fait que ce soit une ville où passe le chemin de fer, et qui se trouve à proximité de la rivière Thompson, contribuait sans doute beaucoup à ce facteur.
En chemin pour la vallée de l’Okanagan, nous avons passé un peu de temps à Sicamous. De Kamloops à Sicamous, une transition progressive se fait entre une flore de zone aride et une flore adaptée à un environnement plus humide. Aux alentours de Sicamous, les cactus, taillis de sauge et Asclepias disparaissent presque complètement, cédant la place à une végétation plus luxuriante. Les Apocynum cannabinum et Apocynum androsaemifolium, ainsi qu’un certain nombre d’asters, sont très communs ici. Au bord des forêts, peuplées principalement de Picea Engelmanni, nous avons noté que quelques buissons de Ceanothus étaient en fleurs.
Dans la vallée de l’Okanagan, de Sicamous jusqu’à Okanagan Landing – soit une distance de plus de 50 milles – les terres sont consacrées à l’agriculture. Mais ici et là, on trouve encore des endroits à l’état naturel, avec beaucoup de spécimens intéressants de zone semi-aride.
À Armstrong, M. Eli Wilson m’a montré certains des districts botaniques les plus intéressants de la région; parmi les plantes qui y poussaient, il y avait des Disporum trachycarpum, Monarda fistulosa, Lupinus argenteus, Sambucus glauca, Berberis aquifolium, ainsi que quelques Lonicera, Clematis, etc.
Nous avons poursuivi nos activités de collecte dans les environs de Penticton (à l’extrémité sud du lac Okanagan), ville qui se trouve à plus de 150 milles au sud d’Armstrong. Nous sommes arrivés à une végétation typique de zone aride peu après avoir quitté Okanagan Landing (à l’extrémité nord du lac Okanagan) – le taillis de sauge et le pin ponderosa remplaçant la végétation luxuriante de la partie nord de la vallée de l’Okanagan. Tout le long de ce lac, en particulier sur la rive orientale, se trouvent de nombreux petits vergers – et parfois même un grand.
À Kelowna, il y a une vaste zone plate où la flore devrait différer de celle du district environnant, et de nouveau, près de Gellatly s’étend une région qui devrait s’avérer tout particulièrement intéressante d’un point de vue botanique, étant donné que l’environnement dans ces deux lieux ne s’apparente pas à celui des autres districts dans la vallée de l’Okanagan.
À Penticton, nous avons pris le temps de ramasser des spécimens afin d’illustrer la flore caractéristique de ce district. Nous avons trouvé une profusion d’oponces (Opuntia), de taillis de sauge (Artemisia), de sumac glabre (Rhus glabra), Clematis ligusticifolia, Eriogonum heracleoidea, Gilia aggregata, Utricularia occidentalis, Verbascum thapsus.
Dans les autres parties de la vallée de l’Okanagan, nous avons trouvé les plantes suivantes : Botrychium virginianum, Spiraea lucida, Prunus virginiana, Sanicula Menziesii, Blitum capitatum, Corylus rostrata, Larix occidentalis, etc.
Nous avons entrepris ce voyage dans la zone aride dans le but premier de faire un aperçu botanique du pays traversé et pour déterminer dans quelles régions il serait bon d’avoir des correspondants du Bureau botanique. Depuis, nous avons nommé plusieurs correspondants dans ce district.
