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« Rôle des plantes sauvages dans l’embellissement de Point Grey »

Nos plantes sauvages peuvent être divisées en deux classes :

(1) Toutes les mauvaises herbes introduites et les plantes cultivées passées à l’état sauvage.
(2) Toutes nos plantes indigènes.

Les mauvaises herbes introduites et les échappées de culture ne se propagent que lorsque l’homme détruit l’environnement naturel et crée un milieu artificiel. Ces espèces ne peuvent cependant pas menacer les plantes indigènes dans un milieu non perturbé. Lorsque l’homme modifie les conditions naturelles en drainant, défrichant ou nivelant le terrain, les mauvaises herbes envahissent immédiatement le sol et étouffent les plantes indigènes qui tentent de se rétablir.

Les mauvaises herbes introduites gênent grandement l’embellissement de Point Grey. L’une des herbes les plus détestables qui sévit ici est la Houlque laineuse (Holcus lanatus). Si vous tentez d’aménager une pelouse, il est très probable qu’elle apparaîtra sous la forme de grosses touffes d’herbe épaisse qui étouffent le gazon plus fin et donnent une apparence jaunâtre et marbrée à la pelouse. En hiver, votre pelouse ne sera plus qu’une masse de touffes informes que vous devrez arracher avant de ressemer au printemps suivant.

Cette herbe ne peut servir de fourrage bien qu’on la trouve souvent au milieu du foin; elle envahit rapidement toutes les terres incultes. Vous trouverez des millions de plantes le long de nos boulevards et de la voie ferrée de la British Columbia Electric (B.C.E.); toutes les voies ferrées sont des vecteurs importants de la distribution des herbes.

Lorsqu’une plante occupe de grandes surfaces, comme c’est le cas dans notre voisinage immédiat, elle peut être efficacement détruite par un feu de surface rapide, un jour où le vent souffle, après une période de sécheresse. Soit dit en passant, un tel feu détruirait également des milliers de chenilles dont nous n’avons que faire.

SÉNEÇON VULGAIRE. Senecio vulgaris et Senecio sylvatica sont deux autres mauvaises herbes dont les graines sont efficacement dispersées par le vent et qui peuvent ainsi nuire sérieusement à nos jardins, en particulier à nos potagers. Ces herbes peuvent être facilement éliminées à la binette mais lorsque de grandes surfaces sont envahies, de telles terres deviennent des foyers capables d’infester sur un rayon de plusieurs milles. Le même portrait s’applique au Chardon des champs (Onicus arvensis), également connu sous le nom de Chardon du Canada bien qu’il ne soit pas indigène du pays, ayant été introduit accidentellement d’Europe aux États-Unis et de là au Canada.

La PORCELLE ENRACINÉE (Hypochaeris radicata) est une autre mauvaise herbe dont il est facile de se débarrasser à la binette et dont les graines sont transportées par le vent, tout comme le séneçon.

Pour faciliter l’élimination de ces mauvaises herbes, je pense que la Municipalité devrait pouvoir prendre des mesures lorsque des terrains vacants sont envahis de façon menaçante et envoyer la facture au propriétaire.

La Petite oseille (Rumex acetosella), la Renouée liseron (Polygonum convolvulus) et le Pissenlit officinal (Taraxacum officinale) sont d’autres mauvaises herbes qui peuvent s’avérer très nuisibles pour nos jardins.

La Petite oseille est réputée pousser sur les sols déficients en calcium mais je ne suis pas sûr qu’elle se limite à de tels terrains. Elle est cependant très sensible à la compétition et si le sol est bien cultivé et que les plantes du jardin sont vigoureuses, elle n’est pas difficile à éliminer. Cette mauvaise herbe lance ses longues racines sur les terrains sablonneux et chauds. Ces racines ont la rare capacité d’engendrer directement de nouvelles plantes, donnant ainsi naissance à de véritables colonies. Il est donc important d’éliminer ces mauvaises herbes dès qu’elles apparaissent.

La Renouée liseron peut aussi infliger des dommages considérables aux plantes en grimpant dessus et en les privant de lumière. Elle est habituellement introduite par l’intermédiaire des aliments pour poulet mais il est facile de s’en débarrasser en retournant la terre.

Les pissenlits apparaissent occasionnellement sur les pelouses et il est bien connu que lorsque l’on coupe leur couronne, trois pissenlits repoussent au même endroit. Certains ouvrages d’horticulture recommandent d’extraire complètement les racines mais l’opération est souvent difficile, en particulier sur une pelouse. Une technique plus efficace consiste à verser quelques gouttes d’acide sulfurique concentré au centre de la couronne. La racine, ainsi brûlée, se résorbe habituellement complètement. J’ai été témoin de l’élimination complète de cette mauvaise herbe sur une pelouse de six acres par cette méthode. Il ne faut évidemment pas appliquer cette méthode lorsqu’il pleut.