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« Rôle des plantes sauvages dans l’embellissement de Point Grey »

Les méthodes modernes de jardinage s’appuient sur l’utilisation de plantes indigènes car celles-ci sont adaptées aux conditions environnementales locales. Découvrez comment John Davidson encourage dès 1915, dans un discours devant les résidents de Vancouver, l’utilisation des plantes indigènes pour le jardinage.

Discours offert à la Kerrisdale Ratepayer's Association. 11/8/15.

On a annoncé que j’allais parler du côté pratique de la botanique.

J’ai donc le choix entre une multitude de sujets. La botanique présente en fait de si nombreux aspects pratiques – dont chacun pourrait faire l’objet d’une discussion devant une association comme la vôtre – qu’il m’est difficile de décider lequel serait le plus utile sans être trop scientifique puisque la plupart d’entre vous êtes, je présume, des jardiniers amateurs.

Je pourrais discuter du cycle de vie d’une plante à fruit pour que vous compreniez mieux ce qui se passe dans votre jardin. Pour vous aider à interpréter le langage des plantes que vous ne pouvez comprendre qu’après avoir été initiés aux mystères du monde des végétaux.

Les mères cherchent toujours à interpréter chaque mouvement de leur enfant. De même, certaines personnes prétendent que leur chien a presque la parole puisqu’elles sont capables d’interpréter tous les états d’âme de l’animal. Par contre, rares sont ceux qui essaient de comprendre le langage muet des fleurs et d’améliorer l’existence misérable de celles, trop nombreuses, qui souffrent dans nos jardins. Je pourrais parler de nos ressources naturelles, plus particulièrement des plantes médicinales et des autres végétaux d’importance économique, ou discuter des liens qui existent entre la flore indigène, l’agriculture et l’horticulture. Les maladies fongiques des plantes font l’objet d’une branche spécifique de la botanique; la plupart des maladies et des petits troubles qui nous affectent sont dus à de minuscules organismes qui font partie du règne végétal.

Mais ça ne sert à rien d’énumérer les sujets dont je pourrais disserter, alors je vais simplement aborder celui que j’ai choisi ce soir et j’espère qu’il intéressera au moins quelques-uns d’entre vous.

En choisissant de parler du rôle des plantes indigènes dans l’embellissement de Point Grey, je voudrais rendre service à ceux qui aimeraient que Point Grey retrouve sa beauté naturelle. Je dis « retrouve » parce qu’il a été nécessaire – en installant des routes et des voies ferrées – de détruire de nombreux sites magnifiques dans la plupart des districts de la municipalité.

Et par « beauté naturelle », je n’entends pas un milieu sauvage constitué de boisés denses. Le milieu sauvage que l’on trouve sur nos terres non aménagées n’est pas naturel; c’est le résultat des coupes forestières. Notre très célèbre parc Stanley n’a ainsi rien d’une forêt naturelle puisque les forestiers se sont jadis chargés de le saccager; et ceux qui prétendent qu’il s’agit d’une forêt naturelle font non seulement preuve d’une grande ignorance mais aussi d’une capacité d’observation très limitée.

Nous n’avez qu’à vous rendre sur les contreforts de nos montagnes qui n’ont pas été ravagés par les coupes forestières ou les incendies pour voir et apprécier ce que j’entends par « beauté naturelle ». Vous y découvrirez des boisés ouverts parsemés de jolis arbustes dans le sous-étage, des ronces remarquables, des ronces à petites fleurs, des airelles gazonnantes, des épines-vinettes et plusieurs autres espèces d’éricacées associées à de nombreuses orchidées et autres végétaux exubérants; mais je vais en parler plus longuement tout à l’heure.