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Signes d’Avertissment de Capilano

Nous avons déjà vu des résultats qui provenaient directement de la coupe de bois à Capilano. Peu après le début des opérations, nous avons observé des courants d’eau douce ravageurs au printemps qui ont eu un impact sur les gens de la Rive Nord, plus que sur la ville de Vancouver. Je fais allusion ici au pont Capilano qui a été endommagé et fermé pendant une longue période jusqu'à ce qu'il ait été établi qui devrait le réparer. Le gouvernement qui avait conclu la convention de bail de la région de Capilano avait la responsabilité principale et la société forestière était un accessoire; Par conséquent, le gouvernement devrait avoir reconstruit le pont et imputé le coût à la société forestière. Cette mesure aurait été équitable pour toutes les parties concernées et elle aurait incité les sociétés forestières à se montrer plus prudentes à l’avenir en ne prenant de concession que dans les endroits où existaient peu de chances de causer des dommages aux communautés adjacentes.

Un autre avertissement qui touche directement Vancouver s’est produit récemment quand une inondation similaire de la rivière Capilano a endommagé la route menant à la prise d'eau et a mis en danger notre réserve d’eau en brisant quelques-unes des principales conduites d’eau, entraînant ainsi des travaux coûteux de réparation, qui ont été payés, je présume, en imposant les citoyens de Vancouver. Dans ce cas aussi, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Même si les opérations forestières sur la rivière Capilano prenaient fin demain, nous continuerions pendant de nombreuses années à subir les répercussions de la déforestation qui s’est déjà installée dans la vallée, et on peut, sans risque, prophétiser des dommages plus graves au cours des quelque prochaines années. Jusqu’à présent, la Providence a montré de la mansuétude en nous donnant de légers signes d’avertissement, mais quand nous aurons une lourde chute de neige telle que celle que nous avons connue au printemps de 1912, un printemps d’un froid prolongé, suivi par la chaleur soudaine d’un été, nous aurons alors l’expérience réelle des effets du déboisement. Je prévois dans l’avenir des avalanches de neige et des inondations qui entraîneront des arbres et des souches d'arbres dans la rivière, créant ainsi des embâcles et des barrages sur le fleuve. Je peux voir le barrage s’effondrer et les eaux tumultueuses du torrent emporter plus de sol, d’éboulis et toutes sortes de débris. J’espère que nos stations de production d’eau potable résisteront à cet assaut. Une autre embâcle plus en aval de la rivière entraînera les ponts, les routes et la ligne de chemin de fer dans la région de la rivière Capilano; Pendant une brève période, nous aurons une solution à ce tronçon du P.G.E. Nous avons eu un exemple similaire à Coquitlam, il y a quelques années, mais relativement peu de gens ont établi un lien entre cette catastrophe et les opérations forestières qui se déroulaient plus à l’intérieur.

Nous savons que tant de forêts des États-Unis ont subi une dévastation sans scrupules de la part d’exploitants du sciage cupides et accapareurs – une publication de l'industrie forestière américaine les qualifie « de voleurs ». Une grande partie du déboisement de la province est réalisée avec le capital américain. Il semble que ces industries ont fait tous les ravages qu’ils ont pu de l’autre côté de nos frontières, et ces individus sont venus ici continuer leurs opérations, en se fiant à l'ignorance et au manque d'expérience des Canadiens.

Certains peuvent considérer que ces adjectifs « cupides, accapareurs, voleurs et destructeurs » sont des termes extravagants à appliquer à des entreprises de sciage, mais lorsque l'on considère que la génération actuelle permet à un nombre relativement peu élevé d’individus (venant surtout de l’extérieur) de voler le patrimoine de générations futures, ce langage est vraiment très modéré et quand on prend conscience de la manière sans scrupules dont ces sociétés effectuent cette dévastation, ces termes sont loin d’être adéquats.