Exploitation Forestière, Érosion et Dragage
Tout comme l’incendie et l’érosion viennent dans la foulée de l’exploitation forestière, le dragage suit l’érosion. L'apparition de la drague dans le premier détroit nous est familière depuis longtemps. Plus des exploitations forestières ont cours dans le canyon de la rivière Capilano, plus l'érosion sera importante, et plus la rivière charriera dans son cours des débris que la marée déposera dans le passage, mettant par là en danger les activités maritimes et nécessitant des opérations de dragage continuelles, ce qui, en retour, peut poser un risque pour le pipeline traversant le First Narrows. Jusqu’à quel point doivent s’étendre ces dommages avant que les citoyens de Vancouver ne s'éveillent et se rendent alors compte de l’ineptie d'autoriser la destruction des forêts dans notre ligne de partage des eaux ? Toute l’exploitation forestière dans cette région devrait cesser immédiatement et des mesures devraient être prises pour assurer la reforestation de la région dès que possible; il faudrait aider la nature par tous les moyens possibles afin de prévenir l'érosion avant qu'il ne soit trop tard. Nous ne pouvons prendre le risque d'écouter les rapports de soi-disant experts en génie qui prétendent que « il n'y a pas de danger et nous pouvons construire un barrage pour entreposer l'eau ». Ce n'est pas la sorte d'ingénieur dont nous avons besoin; nous avons besoin d'hommes d’expérience, faisant montre de vision, de prévoyance ou de cette qualité, quelle que soit son nom, qui nous conseillera de préserver nos ressources et ne nous dira pas comment réparer les dommages une fois qu'elles sont ruinées. Nous avons besoin d'hommes de vision qui sauront agir et dont les yeux ne sont pas fixés sur AUJOURD'HUI mais qui voient plus loin pour l'AVENIR du bien-être de la Province. Un homme qui a les yeux fixés sur un objet trop proche commence à loucher alors qu’un objet éloigné l'aide à voir clair.
En revenant à mon « texte », vous pourriez penser que c’est inapproprié pour Vancouver, parce que nous avons entendu qu'à l'époque de Bathazar « Ils buvaient du vin ». En d'autres termes, ils faisaient preuve d’intempérance. Ce terme décrit exactement la génération actuelle en ce qui concerne nos forêts. Je peux expliquer que le terme intempérance a presque perdu ce sens parce qu’il est surtout lié à l’usage excessif de boisson. La tempérance ou modération ne signifie pas une abstinence complète, mais la modération ou la régulation de ce que l’on consomme, pour avoir des réserves pour l'avenir. Une personne peut manquer de modération en matière de nourriture ainsi que pour la boisson. Dans chaque cas, celui qui s’adonne à cette consommation souffre des conséquences, mais nous condamnons ceux qui boivent sans modération de façon plus sévère que ceux qui ne montrent pas de mesure dans leurs habitudes de nourriture parce que ce penchant entraîne plus souvent des répercussions pour leurs dépendants et leurs foyers. Les gens sans modération ont d'habitude une envie incontrôlable d'en avoir plus, et ils ne s’inquiètent pas de faire souffrir quelqu'un tant qu'ils satisfont leurs désirs.
La richesse peut avoir un effet aussi enivrant que la boisson : de nombreux industriels du sciage ont des moyens plus que suffisants pour leurs propres besoins, mais ils ont cette soif de posséder plus encore. Les générations futures peuvent souffrir des conséquences de leurs exploitations forestières excessives. Pourtant, nous ignorons délibérément leur faiblesse, et parce qu'ils ont de l'or ou l'équivalent, ces derniers – les industriels du sciage prospères – sont acceptés dans la bonne société. En d'autres termes, nous louons les dieux d’or, d’argent et de bois.
J’espère que certains de ces industriels du sciage pourront voir la Lumière et obtiendront alors au moins une absolution partielle en amassant des fonds pour aider le Department of Forestry à former des hommes pour l’entretien et la conservation de nos forêts, contribuant ainsi à compenser les générations futures pour la dévastation réalisée aujourd'hui.
