Films éducatifs
Au cours des dernières années, nous avons assisté à des améliorations notables de la qualité des films présentés à Vancouver. De temps à autre, on nous propose des films de grande valeur pédagogique, mais est-il vraiment nécessaire qu’ils soient ensuite suivis de films sans finesse, comme Billy West ou Charlie Chaplin ? Je pense que notre société agirait sans aucun doute, dans les limites de son mandat, si nous encouragions la diffusion de films purement éducatifs, une pratique courante en Grande-Bretagne. En présentant, de temps à autre, une série de films éducatifs, les cinémas de notre ville attireraient indubitablement une foule de spectateurs, fatigués des histoires d’amour à l’eau de rose, de bandits de grands chemins, ou films sans queue ni tête, et dénués de tout esprit ou intelligence.
Parmi les films éducatifs à notre disposition, nous avons, par exemple, un film qui décrit l’ensemble du processus de production d’un journal, en commençant par l’abattage des arbres et leur transport vers l’usine, la préparation de la pulpe de bois et sa transformation en papier, le transport des rouleaux de papier, le réglage à la main des caractères d’imprimerie et les machines linotypes, le stéréotypage, les imprimantes et finalement le produit fini, le journal. Un autre film montre le labourage d’un champ, l’ensemencement, la période de croissance, la récolte, le battage, le moulage, la livraison de la farine au boulanger, l’équipement du boulanger, les fours mécaniques, et le résultat final, les miches de pain. D’autres films encore nous éduquent sur l’industrie de la pêche aux éponges et la préparation de ces dernières à la vente, la cueillette de dattes, leur emballage et leur exportation, la cueillette du coton et son traitement en usine jusqu’à sa mise en rouleaux pour la vente en magasins. Les films d’histoire naturelle, quant à eux, pourront nous présenter les différentes phases de la floraison d’une rose ou d’un lis de Pâques, de l’éclosion d’un poussin, ou encore les habitats de divers animaux, en liberté ou en captivité.
D’un plus grand intérêt encore, le microscope à projection qui permet d’agrandir des petits insectes ou animaux aquatiques ou d’admirer des vers minuscules qui se transforment en serpents géants sur l’écran. Si certains cinémas locaux disposaient de l’équipement approprié, nous n’aurions certainement aucun problème à fournir le matériel nécessaire pour une présentation de deux ou trois heures.
Des films analogues à ceux que je viens de décrire resteront longtemps gravés dans la mémoire des spectateurs, alors qu’ils auront oublié depuis longtemps les films plus ordinaires; ils attireront un public de tous âges et de toutes classes sociales. La meilleure façon d’encourager de telles entreprises est, sans aucun doute, d’inciter le public à patronner et à soutenir ouvertement ces films éducatifs; j’espère aussi sincèrement que notre société organisera la présentation de certains films sous ses auspices, ou, du moins, offrira son patronage à une telle entreprise. Je suis persuadé que nos efforts pour introduire des films éducatifs seront reçus à bras ouverts, et que le patronage de la Vancouver Natural History Society (VNHS) constituera une garantie de qualité pour les enseignants, les enfants et les parents, de manière à ce que même ceux qui éprouvent des préjugés contre les films ordinaires réaliseront l’importance de la cinématographie dans le domaine de l’éducation.
Je suis intimement convaincu des débouchés existant pour la cinématographie dans le domaine de l’éducation, et sous peu, certaines écoles s’équiperont de salles de projection ignifuges et d’équipement cinématographique pour illustrer les leçons de géographie, de sciences de la nature, et d’autres matières; le ministère de l’Éducation et les conseils scolaires collaboreront à l’achat de films que les enseignants pourront réutiliser, année après année, avec de nouveaux étudiants.
Dans la première partie de mon discours, j’ai discuté de la relation existant entre notre travail et diverses institutions, sur le plan de l’éducation et l’avancement de la communauté dans son ensemble, mais je n’ai pas discuté des implications sur chaque individu. Nous nous faisons une opinion sur un sujet, en fonction des connaissances ou renseignements que nous possédons, et il se peut que nous changions d’avis lorsque nous nous informons davantage sur ce sujet. En améliorant la qualité des installations pédagogiques de nos institutions publiques, nous contribuerons à élargir l’horizon de nos concitoyens, qui, pour certains, pensent encore trouver le bonheur dans l’oisiveté et le vice.
En éveillant la passion de nos jeunes pour certains aspects des sciences de la nature, nous les encouragerons à s’éloigner des influences néfastes de la grande ville; l’oisiveté laissera la place à des activités stimulantes, et les incitera à s’engager dans des activités de plein air, au soleil, dans de vertes vallées ou sur les sommets des montagnes; en les encourageant à étudier l’ouvrage de Dieu, nous les détournerons peut-être de la tentation, et aiderons à les remettre sur le droit chemin, en les aidant à découvrir la voix de Dieu dans les roches, les ruisseaux, et la nature dans son ensemble.
