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« Possibilités de développement de la botanique en Colombie-Britannique »

Le discours de John Davidson devant l’Académie des sciences de la Colombie-Britannique, en 1912, illustre bien le sentiment qu’avait Davidson au sujet des Britanno-Colombiens, à savoir qu’ils ne connaissaient que très peu la flore et les paysages de leur province. Découvrez les plans de Davidson pour promouvoir la connaissance de l’histoire naturelle et de la botanique dans la province.

Avant de vous présenter un sommaire de la situation actuelle de la botanique en Colombie-Britannique, je tiens à vous assurer que je suis pleinement conscient de l’énorme contraste qui existe entre l’ampleur d’une telle entreprise et ma capacité à condenser les faits pour vous les présenter en une soirée.

Étant donné que notre province couvre une surface plus importante que celle des îles britanniques, que la Grande-Bretagne est constituée en grande partie de terres agricoles et de zones urbaines, et que des centaines d’éminents botanistes ont déjà étudié et continueront à étudier en détails pendant de nombreuses années la flore sauvage qui couvre le reste du territoire britannique, je tiens à vous assurer que je suis particulièrement conscient de l’honneur qui m’est fait par le gouvernement provincial et de la responsabilité qui m’incombe, qui consiste à poser les fondements d’une étude botanique de la province, ce qui permettra d’ouvrir la voie à de futures recherches menées par les étudiants de notre Nouvelle Université.

Avant toute chose, j’aimerais préciser que la flore de la Colombie-Britannique est encore essentiellement intouchée. Nous avons à notre disposition des terres vierges, qui feront le bonheur de nombreux botanistes, dans toutes les branches de ce domaine.

Il est vrai que de nombreux collectionneurs ont déjà parcouru la province, et recueilli des échantillons dans diverses localités, à certains moments de l’année. Ces échantillons ne sont cependant, en aucun cas, représentatifs de la région dans laquelle ils ont été collectés, puisque les collectionneurs, n’étant pas des botanistes, auront certainement ignoré les plantes moins remarquables ou les formes inférieures qui, aux yeux d’un botaniste, sont toutes aussi importantes et intéressantes que des plantes plus voyantes.

De plus, bon nombre de collectionneurs ont été envoyés dans notre province à l’instigation de diverses sociétés d’horticulture, dans le but de recueillir des échantillons destinés à l’embellissement de jardins et de serres; il est à noter qu’une grande partie de ces échantillons ont souvent été collectés pendant des expéditions plus ou moins bien organisées, à travers la Colombie-Britannique. Notre objectif est donc de mener une étude compréhensive de la flore de la province entière, et d’enregistrer des observations et des données de manière constante, tout au long de l’année.

Les premiers explorateurs nous ont rapporté des collections originaires de diverses régions côtières, après leur arrivée sur le continent. Des plantes telles que l’Arbutus Menziesii, la Spiraea Douglasii, la Salix Scouleriana, et le Mimulus Lewisii ainsi que d’autres espèces, aident à perpétuer l’héritage laissé par ces premiers explorateurs de la côte ouest.